Le Droit d’Exister

Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai sombré.

Cela m’arrive régulièrement, mes émotions c’est des montagnes russes régit souvent par des micros événements.

Il ne faut vraiment pas grand chose : une phrase, un mot perdu dans une phrase, un geste, l’absence de geste.

Ce n’est pas parce qu’on a pas de pic hormonal, qu’au fond de soi tout est okay.

 

Quand tu vas chez ton gynécologue ou ton endocrinologue, qu’il•elle te diagnostique et que – dans le meilleur des cas – qu’il•elle t’explique ce que ça signifie : te parle-t-il de tes émotions ?

 

Je parie que toi aussi on t’a soigné pour tes poils, ton poids, tes règles absentes/irrégulières, tes douleurs pré/postmentruelles, ton acné,… mais t’a-t-on parlé de ton anxiété, de ta fatigue, de ton irritabilité – voire de ta dépression – ? Non, parce que c’est le boulot d’un thérapeute/psychologue/psychiatre ?

 

Pourtant cela a un rapport avec ton SOPK. Loin de moi de te tendre l’excuse à toutes tes sautes d’humeurs, car je le sais, nous-mêmes on est fatigué de cette situation. On voudrait mettre des mots sur notre colère, pas vrai ?

 

“Mais pourquoi tu es fâchée ?” JE.NE.SAIS.PAS.

 

Il y a une semaine, j’ai sombré. Si tu as vu ma story sur Instagram tu sais pourquoi.

Ici, sur cette page, je construis brique par brique un espace de dialogue, de création et de soutien pour toi. Je te parle de mon quotidien, de notre syndrôme commun. Je ne t’ai pas encore dit pourquoi je faisais tout cela.

 

Nous, les femmes SOPK, nous avons une estime très basse de nous-mêmes. On avait conscience de notre corps détraqué avant et encore plus après diagnostique, et on se prend quand même de plein fouet les injonctions de la société pour être comme ceci ou comme cela.

MAIS nous ne sommes pas des victimes ! Cette tribune n’est pas un bureau des pleurs, ni un appel à l’aide (aucune autre tribune de cette page d’ailleurs), c’est un aveu. Nous ne sommes pas des victimes, on ne parle jamais de nous – dans les médias, dans les groupes, pas non plus d’associations connus -, on est chacune dans nos coins à démêler les noeuds.

 

On a deux, trois groupes pour nous aider qui sont devenus la vitrine des traitements hormonaux et des parcours pour la procréation – on en oublierait presque qu’on vit tous les jours avec ce syndrôme.

 

Sur cette page je te montre qu’on est ensemble, que tu n’es pas seule, que je peux être là pour toi. Qu’on est pas juste deux, mais des dizaines. Qu’on ne veut pas juste discuter des bébés qu’on essaie d’avoir (ou pas d’ailleurs), ou des choses qu’on ne peut pas/plus manger. Parce qu’on est pas juste des Ventres.

 

On est des Guerrières. Tu es une Guerrière !

 

Grâce à toi, il y a une semaine, je me suis relevée. Je me suis souvenue pourquoi je t’écris, pourquoi je veux le faire. Tu sais, ça me fait vibrer, ça me tient aux tripes de te voir briller ! Que tu saches la force que tu as en toi, que les Montagnes tu ne fait pas que les grimper, tu les écrases aussi !

 

Alors, à toi, je voudrai te proposer un truc.

Mon rêve c’est de créer une communauté pour parler de toutes ces choses qu’on ne parle pas encore, pour qu’on fasse du bruit, pour nous aimer, main dans la main et ensemble. Une communauté où on nous prendra entières, pas juste notre utérus/nos ovaires, nos ventres – mais avec nos émotions, nos montagnes, notre envie de changer le monde sans nous changer, sans nous transformer – pour nous métamorphoser. Une communauté de guerrières, de déesses. Une communauté pour qu’on existe, pour que TU existes ENFIN.

 

Si ça te botte qu’on crée ça ensemble, fais-moi signe <3

 

Amour sur toi !

 

L’autre Morgane

 

[NB1 : les endogirls ont bien leur cri de ralliement, pourquoi pas nous ?]

 

Crédits : Photo by Matheus Bertelli from Pexels https://www.pexels.com/photo/blur-casual-christmas-lights-close-up-573306/

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